L’Iguifou de Scholastique Mukasonga.
Troisième ouvrage de Scholastique Mukasonga, née au Rwanda, L’Iguifou a été couronné par le prix Renaissance de la nouvelle 2011 et le prix Paul Bourdaire 2011 décerné par l’academie des Sciences d’Outre-Mer.
L’Iguifou («igifu» selon la graphie rwandaise), c’est le ventre insatiable. La faim, qui tenaille les déplacés tutsi de Nyamata en proie à la famine et conduit Colomba aux portes de la mort…
Mais à Nyamata, il y a aussi la peur qui accompagne les enfants jusque sur les bancs de l’école. Bien loin du Rwanda, elle s’attache encore aux pas de l’exilée. Kalisa, lui, conduit ses fantômes de vaches dans les prairies du souvenir et des regrets. Là où autrefois les bergers poètes célébraient la gloire du généreux mammifère…
Or, en ces temps de malheur, il n’y avait pas de plus grand malheur pour une jeune fille tutsi que d’être belle. C’est sa beauté qui vouera Helena à son tragique destin… Après le génocide, ne reste que la quête du deuil impossible, deuil désiré et refusé. Car c’est auprès des morts qu’il faut puiser la force de survivre.
L’écriture sereine de Scholastique Mukasonga, empreinte de poésie et d’humour, gravite inlassablement autour de l’indicible, l’astre noir du génocide.
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