«Ce que le jour doit à la nuit»: le vrai talent de Yasmina Khadra est là!
Un récit poétique sur fond d’amour dans une Algérie faisant face à un tournant de son histoire.
Ce roman s’adresse d’abord à toutes les personnes amoureuses de l’Algérie.
Yasmina Khadra, écrivain algérien le plus lu du monde, a voulu rendre hommage à ce beau pays autrefois sous l’égide française. Sans sortir indemne de cette histoire, on comprend que l’Algérie a un passé lourd, fait de victoire et de désillusion.
Nous n’avons pas affaire à un roman politique. Il convient de le souligner. La patrie, la famille, la religion, sans compter l’amour et l’amitié sont les éléments qui ont permis à Mahieddine Younes, le narrateur de ce roman, de nous relater une partie de son histoire.
Confié à l’âge de 9 ans à son oncle pharmacien Mahi et sa femme Germaine, après une banqueroute familiale, Younes devenu Jonas se retrouve plongé dans une nouvelle vie à Oran entre modernisme et tradition. Le destin le chemine brusquement vers le petit village de Rio Salado dans la province oranaise. Tout en étant tourné vers le monde, il restera attaché à son identité algérienne quitte à être parfois pointé du doigt par ses propres amis.
«Mon oncle me disait : «Si une femme t’aimait, et si tu avais la présence d’esprit de mesurer l’étendue de ce privilège, aucune divinité ne t’arriverait à la cheville.»
Oran retenait son souffle en ce printemps 1962. La guerre engageait ses dernières folies. Je cherchais Emilie. J’avais peur pour elle. J’avais besoin d’elle. Je l’aimais et je revenais le lui prouver. Je me sentais en mesure de braver les ouragans, les tonnerres, l’ensemble des anathèmes et les misères du monde entier.»
Yasmina Khadra nous offre ici un grand roman de l’Algérie coloniale (entre 1936 et 1962). Une Algérie torrentielle, passionnée et douloureuse. Et éclaire d’un nouveau jour, dans une langue splendide et avec la générosité qu’on lui connaît. La dislocation atroce de deux communautés amoureuses d’un même pays.
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