“Une bête au paradis”: Un roman empli d’un souffle puissant, profond, hypnotique, à l’empreinte singulière.

Dans sa ferme isolée au bout d’un chemin de terre, appelée le Paradis, Emilienne élève seule ses deux petits-enfants, Blanche et Gabriel. Devenue adolescente, Blanche rencontre Alexandre, son premier amour. Mais, arrivé à l’âge adulte, le couple se déchire lorsqu’Alexandre, dévoré par l’ambition, exprime son désir de rejoindre la ville. Tandis que Blanche demeure attachée à son coin de terre.

L’histoire d’une lignée de femmes ( la grand-mère et la petite-fille ) qui renoncent à leur vie pour une terre, celle de la ferme du Paradis, comme une malédiction. La tension gonfle, l’angoisse sourde monte. Il est difficile de savoir quelle forme le Mal prendra, mais on sent une sorte de fatalité implacable qui va le faire surgir.
Chaque chapitre porte le nom d’un verbe «  Faire mal », « protéger », « construire », «  surmonter », «  grandir » … «  venger », « surgir », « mordre », «  vivre » … Ils remontent des tréfonds des âmes pour parler de liberté, de fatalité, de renoncements, de passions, de trahisons. De vengeance dans un mouvement organique d’une rare densité.
Il y a beaucoup de chair dans ces pages, celles des corps qui s’aiment, celles des êtres qui souffrent. Les personnages de Cécile Coulon sont remarquablement caractérisés, d’une terrible humanité, psychologiquement intenses. Leurs tourments et leurs excès s’entrechoquent.

Cécile Coulon a dit qu’avec ce roman elle voulait arrêter d’être l’auteur très sage qu’elle est depuis 12 ans. Elle y est parvenue tant ce roman est plus noir, plus violent, plus sexuel aussi que ces précédents romans.