“Les heures silencieuses”: un livre d’une rare subtilité et d’un véritable enchantement”.

Magdalena est l’épouse de Pieter van Beyeren, administrateur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Issue d’une famille de riches armateurs, Magdalena est rigoureuse, soucieuse d’ordre et d’économie. Maîtresse d’elle-même et de son foyer.

Elle aurait pu succéder à son père si le commerce n’était réservé aux hommes, et la place des femmes à la maison.

C’est sur un espace intérieur qu’elle semble s’être repliée. Intérieur où elle s’est fait représenter vue de dos, à son clavecin. Près d’une fenêtre éclairant une enfilade de pièces qui respirent le calme. Dans un tableau au charme presque irréel peint par un artiste du temps, Emanuel de Witt.

Ce décor a ses secrets, que livre le journal intime de Magdalena. Sa déception de n’avoir pu succéder à son père, née sans héritier mâle. Sa rencontre avec Pieter. Toutes les failles intimes de son existence. Un souvenir qui l’oppresse, emplit ses nuits d’angoisse : le meurtre dont elle a été témoin, enfant. Et d’autres infortunes autour d’elle. Sa sœur Judith, qui se morfond de ne pouvoir enfanter. Ses filles, Catherina et Elisabeth, pour lesquelles Magdalena songe à des mariages délicats à arranger.

Enfin, son propre sort en tant qu’épouse, quand Pieter décide brutalement de renoncer à tout commerce de chair avec elle. Pour ne pas risquer encore une fois de la perdre en couches.

A ces inquiétudes personnelles se mêle le récit des efforts d’une famille d’armateurs pour conserver le bien-être.