«Le Lambeau»: récit d’une douceur bouleversante, dont la grâce littéraire et l’universalité ne cessent d’emporter le cœur des lecteurs.

Philippe Lançon, parce qu’il l’a vécue dans son corps et à la vue de celui de ses amis, victimes des balles terroristes, qu’il y met des mots, beaucoup de mots qui ne peuvent que faire sens. Il nous confronte à sa souffrance, à la souffrance, sans échappée ni mise à distance possibles. Car ici l’homme se met à nu pour raconter.

L’indicible violence de l’attentat, et sa peur. La mort de ses camarades devenue obsession. Sa reconstruction longue et difficile, aidé de ceux qui l’ont soigné et soutenu sans faille.

Une introspection obsédante, angoissante, traumatisante, qui nous met face à une réalité que l’on préfèrerait tenir éloignée. De peur d’avoir peur, de voir la menace du monde prendre le pas sur l’insouciance et la légèreté bienfaisantes de nos vies.

Remettant les pendules à l’heure des valeurs vraies dont on s’éloigne pour des motifs futiles. Une introspection dont la sincérité et la puissance lui confèrent le pouvoir de nous atteindre, individuellement.