La romancière Leïla Slimani a obtenu le prix Goncourt 2016 pour «Chanson douce» paru chez Gallimard.

Il s’agit seulement de son deuxième roman et est déjà un beau succès public. Leïla Slimani raconte dans son roman aussi saisissant qu’audacieux comment l’influence malsaine d’une nourrice va finir par détruire une famille.

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

Il peut lui aussi se lire comme un livre implacable sur les rapports de domination et la misère sociale. «C’est un livre sur le quotidien, un livre sur les femmes, la vie des femmes aujourd’hui, avec les tiraillements entre l’envie d’être un individu, une femme qui mène sa carrière mais aussi une mère et à quel point c’est difficile de mener toutes ces batailles de front», a résumé la romancière.

Chanson douce happe le lecteur avec une force étonnante qui tient autant à la maîtrise de sa narration qu’à son écriture sèche, clinique, précise. Le Monde